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Représentation en France

Déclaration de la Présidente von der Leyen sur le 21e train de sanctions contre la Russie

Seul le texte prononcé fait foi.

  • Déclaration
  • 9 juin 2026
  • Représentation en France
  • 6 min de lecture
Statement by Ursula von der Leyen, President of the European Commission, on the 19th package of sanctions against Russia

Presque tous les jours, nous nous réveillons en entendant le même type d'informations. La Russie une nouvelle fois à l'origine d'une frappe importante contre des villes ukrainiennes, ciblant aveuglément des civils. Nous nous réveillons aussi en entendant que des drones violent l'espace aérien européen. Au-dessus des États baltes et le long de nos frontières orientales. Il y a deux semaines, un drone s'est écrasé dans un immeuble à appartements en Roumanie. La semaine dernière, un autre a explosé dans le port de Constanța. Certains parlent d'escalade russe. Pour moi, c'est autre chose. Un échec, tout simplement. Quatre ans après le début de son invasion à grande échelle, la Russie n'a manifestement pas réussi à s'imposer en Ukraine. Le prix payé par la Russie est chaque jour plus élevé. Et il est principalement payé par le peuple russe. Qui pleure ses fils, ses frères et ses maris. Dans le même temps, la Russie est confrontée à une baisse du niveau de vie. L'inflation avoisine les 6 %. Les taux d'intérêt s'établissent à 14,5 %. Les impôts sont en hausse. Tel est le coût réel de la guerre de Poutine pour les citoyens russes. En outre, nos sanctions continuent de peser lourdement et d'affecter profondément la Russie. Elles fragilisent les fondements économiques de l'effort de guerre de la Russie.

Les sanctions ont effectivement coupé la Russie des marchés mondiaux des capitaux. L'économie russe est fortement ralentie. La croissance est tout au plus atone. Le budget est soumis à une pression croissante. Plus des deux tiers des liquidités de son fonds souverain ont disparu. Les recettes énergétiques ont chuté d'environ 40 % au début de l'année 2026. Des centaines de navires de la flotte fantôme russe sont frappés par nos sanctions. Le contrôle des exportations prive l'industrie russe de la défense de technologies et de composants critiques. Notre persistance à appliquer des trains de sanctions porte donc ses fruits.

Aujourd'hui, nous proposons le 21e train de sanctions. Nous nous concentrons sur les secteurs qui ont le plus d'impact : l'énergie, les services financiers et les crypto-actifs, le commerce, y compris la pêche pour la première fois. Et nous interdisons l'entrée d'anciens combattants russes dans l'Union européenne.

Premièrement, l'énergie. Le conflit au Moyen-Orient et les perturbations sur les chaînes d'approvisionnement énergétique mondiales ont réduit quelque peu la pression sur la Russie. L'objectif de notre train de mesures ne pouvait donc être plus clair. Nous voulons maintenir toute l'intensité de nos sanctions. Pour y parvenir, nous veillons à ce que les bénéfices que la Russie tire des ventes de pétrole restent limités. Notre plafonnement du prix du pétrole dispose d'un mécanisme d'ajustement intégré afin de suivre l'évolution du marché. Il n'a pas été conçu pour des chocs sur le marché tels que celui causé par la fermeture du détroit d'Ormuz.Nous proposons donc simplement de suspendre l'ajustement jusqu'en janvier 2027. Ce qui donnera le temps aux marchés pétroliers de se stabiliser. Tout en maintenant la pression sur les recettes de la Russie. Dans le même temps, nous continuerons à cibler la flotte fantôme. Aujourd'hui, nous proposons d'inscrire 30 navires supplémentaires sur la liste, en plus des 632 navires déjà sanctionnés. Pour la première fois, nous ciblons également les navires qui aident la flotte fantôme, ceux qui leur fournissent des services comme le soutage. Et nous proposons de cibler des infrastructures critiques, telles que les ports, les aéroports et les raffineries qui commercialisent ou transforment du pétrole russe. Enfin, nous proposons de restreindre la vente de méthaniers à la Russie, comme nous l'avons déjà fait pour les pétroliers.

Deuxièmement, les sanctions en matière financière et de cryptomonnaies. Nous étendons notre interdiction de transactions à 31 banques russes supplémentaires. Et à 20 banques, sociétés ou plateformes actives dans les cryptomonnaies et négociants en pétrole de pays tiers, qui tous ont fourni des services à des entités ou à des individus russes frappés de sanctions ou contournant nos mesures. Pour la première fois, nous allons introduire la possibilité d'une interdiction frappant un pays entier en matière de services de crypto-actifs, une mesure dissuasive forte à l'intention des pays hébergeant des plateformes qui aident la Russie à échapper à nos sanctions.

Troisièmement, en matière commerciale. Nous proposons d'imposer de nouvelles restrictions à l'exportation d'articles et de technologies utilisées par l'industrie militaire russe. Ainsi, nous ciblons davantage de métaux et d'alliages utilisés dans les secteurs de l'aérospatial et de la défense. En ce qui concerne les drones, nous proposons de nouvelles interdictions d'exportation frappant notamment les équipements d'appui au sol et les systèmes de brouillage et de lancement. De plus, nous proposons de nouvelles interdictions d'importation frappant une série de biens pour une valeur de 60 millions d'euros. Il s'agit de certains métaux, minerais ou composants automobiles. Parce que nous voulons empêcher la diversification des approvisionnements européens vers des importations russes. Enfin, nous nous attaquons à l'un des derniers secteurs préservés de toute sanction : la pêche. Nous proposons des restrictions considérables des importations de certains produits de la pêche voire une interdiction complète de certains autres, dont le cabillaud. Et nous appliquerons également ces restrictions commerciales à la Biélorussie, de sorte qu'elle ne puisse être utilisée comme porte dérobée pour des transactions russes.

Permettez-moi également de mentionner un point essentiel de ce nouvel aspect : pour la première fois, nous proposons d'interdire d'entrée dans l'Union toute personne ayant servi dans les forces armées russes depuis le début de la guerre. En conséquence, les portes de l'Europe sont fermées à quiconque a participé à l'invasion de l'Ukraine. C'est aussi simple que ça.

Enfin, dans le même temps, nous continuons d'apporter sans relâche notre soutien à notre courageux voisin, partenaire et futur membre de l'Union européenne, l'Ukraine. Hier, nous avons apporté près de 3 milliards d'euros par l'intermédiaire de la facilité pour l'Ukraine. Et ce mois-ci encore, nous allons libérer la première tranche de notre prêt de 90 milliards d'euros en faveur de l'Ukraine. Au total, d'ici à la fin du mois, nous aurons fourni à l'Ukraine pour 6 milliards d'euro de drones et pour plus de 3 milliards d'euros d'assistance macrofinancière. Et, bien évidemment, d'autres tranches seront libérées rapidement.

Pour conclure, permettez-moi d'évoquer un des aspects que j'admire le plus chez nos amis ukrainiens : leur indomptable détermination d'adhérer à notre Union européenne. C'est impressionnant. Ils enchaînent les réformes à l'heure même où leurs villes sont attaquées. Alors que le ciel au-dessus de leurs têtes est empli de fumée. Alors que les sirènes retentissent à travers tout le pays. Et en dépit de tout cela, ils accomplissent des progrès extraordinaires. Clairement, l'Ukraine a fait sa part du travail. Il est donc désormais grand temps que nous fassions la nôtre. Et voilà une occasion historique d'y parvenir. Dans les prochains jours, nous allons lancer le premier groupe de chapitres de négociation avec l'Ukraine et la Moldavie, qui, fondamentalement, ouvrira la porte à la prochaine phase du processus d'adhésion : le début formel des négociations d'adhésion. Et je ne vous apprendrai pas que la Commission est toute disposée à soutenir l'Ukraine sur la voie de l'adhésion à notre Union européenne, là où est sa place.

Je vous remercie de votre attention.

Date de publication
9 juin 2026
Auteur
Représentation en France