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Représentation en France

Le rapport 2026 sur l’état d’avancement de la décennie numérique met en évidence des progrès, mais appelle à combler les lacunes structurelles

La Commission européenne a publié le quatrième rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique, qui montre que l’Europe a progressé vers les objectifs de transformation numérique fixés pour 2030.

  • Article d’actualité
  • 17 juin 2026
  • Représentation en France
  • 8 min de lecture
Opening of the EU Code Week 2017 Exhibition

La Commission européenne a publié le quatrième rapport sur l’état d’avancement de la décennie numérique, qui montre que l’Europe a progressé vers les objectifs de transformation numérique fixés pour 2030, notamment en ce qui concerne les infrastructures numériques sûres et durables ainsi que la numérisation des services publics. Le défi consiste désormais à produire des résultats à grande échelle, rapidement et de manière cohérente.

Ce rapport est publié alors que la Commission a également rendu public le dernier sondage Eurobaromètre spécial, qui montre qu’une très large majorité d’Européens considèrent la politique numérique comme une priorité majeure de l’Union européenne et soutiennent résolument la construction d’un avenir numérique européen plus autonome.

Le programme d’action pour la décennie numérique constitue la boussole stratégique de l’UE pour faire progresser et soutenir financièrement la compétitivité numérique et la souveraineté technologique de l’Europe. Le rapport évalue les progrès accomplis dans la numérisation de l’UE dans tous les domaines, notamment les infrastructures critiques, la numérisation des entreprises, les compétences numériques et la numérisation des services publics. Cette année, il va au-delà du simple état des lieux en définissant des réformes et des investissements prioritaires aux niveaux de l’UE et des États membres, afin d’orienter l’affectation des financements numériques dans le prochain cadre financier pluriannuel de l’Union.

2026 : progrès accomplis et lacunes persistantes

Le rapport montre des avancées dans plusieurs domaines.

En matière de déploiement des infrastructures de connectivité de base, 96,8 % des ménages disposent désormais d’une couverture 5G de base. Toutefois, certaines bandes de fréquences à très haute capacité ainsi que le déploiement de la fibre jusqu’aux locaux de l’utilisateur (« fibre-to-the-premises » – FTTP) accusent encore un retard.

S’agissant de l’adoption de base des technologies numériques avancées par les entreprises, 46,7 % des entreprises de l’UE utilisent l’informatique en nuage, 39,9 % recourent à l’analyse des données et près de 20 % déploient des applications d’intelligence artificielle. L’adoption de cette dernière a progressé de 48 % en 2025 par rapport à l’année précédente. Le secteur de la santé en est un exemple marquant, avec l’utilisation de l’IA pour l’imagerie médicale, qui améliore la détection précoce, accélère les diagnostics et favorise de meilleurs résultats pour les patients.

Enfin, plus de 60 % des Européens possèdent désormais au moins des compétences numériques de base.

Des lacunes subsistent néanmoins.

Dans le domaine des semi-conducteurs, l’UE ne représente que 9 % du marché mondial, loin de l’objectif de 20 % fixé pour 2030. Une situation comparable est observée en matière de capacités de calcul. Si le déploiement des nœuds périphériques (« edge nodes ») est en bonne voie pour atteindre l’objectif de la décennie numérique avant l’échéance prévue, les capacités de calcul demeurent nettement inférieures à la demande.

Par ailleurs, malgré des progrès importants en matière de cybersécurité, l’Europe reste structurellement dépendante de fournisseurs de cybersécurité établis hors de l’UE, tandis que les entreprises européennes demeurent sous-représentées parmi les acteurs mondiaux de premier plan du secteur.

Des pénuries persistent également dans les compétences liées aux technologies de l’information et de la communication (TIC). En 2025, les spécialistes des TIC ne représentaient que 5 % de l’emploi total, soit la moitié de l’objectif fixé pour 2030 (10 %). Les femmes représentaient moins de 20 % des spécialistes des TIC en emploi, une proportion inchangée depuis 2024 malgré une demande en forte croissance, notamment dans les domaines de la sécurité de l’informatique en nuage, de la cybersécurité, de la gestion des données et du développement de logiciels.

Enfin, en matière d’adoption des technologies avancées, les PME continuent de se heurter à des obstacles liés aux données, aux compétences, à l’intégration et aux ressources, ce qui freine l’adoption et le déploiement à grande échelle de solutions numériques avancées.

Une étude de la Commission montre que l’action coordonnée de l’UE dans le domaine numérique génère des retombées économiques importantes. Chaque euro investi dans la politique numérique au titre de NextGenerationEU devrait générer 1,50 euro de production économique au sein de l’UE et 2 euros pour l’économie mondiale dans son ensemble (UE comprise) d’ici à la fin de 2030. Ce rendement est nettement supérieur à la moyenne observée dans d’autres domaines d’action publique. Ces investissements produisent en outre des effets d’entraînement au-delà des frontières et dans l’ensemble des secteurs économiques.

Recommandations : combler les lacunes structurelles et mobiliser les investissements pour 2030 et au-delà

Le rapport formule des recommandations claires à l’intention de l’UE et des États membres afin de poursuivre l’intensification des efforts, alors que près de la moitié des financements publics prévus dans les feuilles de route nationales pour la décennie numérique arriveront à échéance d’ici à 2026.

Afin d’éviter un ralentissement des progrès, le rapport appelle à garantir la continuité des financements après 2026, à combler les déficits d’investissement, à étendre les projets couronnés de succès — tels que les consortiums pour une infrastructure numérique européenne (EDIC) et les projets importants d’intérêt européen commun (PIIEC) — et à renforcer la coordination à l’échelle de l’UE, notamment au moyen des projets multipays, afin d’éviter la fragmentation du marché et une mise en œuvre inégale.

Eurobaromètre : un fort soutien du public à la politique numérique de l’UE

Une enquête Eurobaromètre, réalisée entre février et mars 2026, montre que 79 % des Européens considèrent la politique numérique comme une priorité majeure de l’UE pour façonner l’avenir. L’enquête examine l’évolution des attitudes des citoyens au cours d’une année marquée par des avancées technologiques rapides et des débats politiques intenses sur les droits numériques.

Les citoyens soutiennent clairement la construction d’un avenir numérique européen plus autonome. Ainsi, 85 % d’entre eux souhaitent que l’UE investisse dans des infrastructures développées en Europe et 82 % jugent important de réduire la dépendance aux technologies provenant de pays tiers. En outre, 80 % estiment qu’il est important que l’UE devienne un leader mondial des infrastructures technologiques.

Par ailleurs, 58 % des Européens se déclarent prêts à passer à un fournisseur européen même si cela implique un coût plus élevé. Les cinq principaux facteurs susceptibles d’encourager ce choix sont une sécurité et une fiabilité accrues (50 %), une meilleure protection des données à caractère personnel (49 %), des règles plus claires et une meilleure protection des consommateurs (39 %), une dépendance réduite à l’égard des pays tiers (33 %) et le soutien à l’économie et à la compétitivité de l’UE (30 %).

Les Européens considèrent que la santé numérique (55 %), les technologies vertes (50 %), une connectivité plus rapide (42 %) et l’intelligence artificielle (39 %) auront les effets les plus positifs au cours de la prochaine décennie.

Environ quatre citoyens sur dix utilisent l’IA générative au moins une fois par semaine et, parmi eux, près de sept sur dix déclarent avoir accru leur utilisation au cours de l’année écoulée. Par ailleurs, 80 % estiment que le développement de l’intelligence artificielle devrait être strictement encadré, même si cela impose certaines contraintes aux développeurs.

Les préoccupations liées aux usages préjudiciables des technologies numériques sont largement répandues et en progression : 92 % des citoyens souhaitent une protection renforcée des enfants en ligne ; 87 % considèrent que la manipulation en ligne (désinformation, hypertrucages, contenus générés par l’IA ou ingérences étrangères) constitue une menace pour la démocratie ; et beaucoup déclarent être personnellement affectés par les fausses informations et la désinformation (53 %), l’utilisation abusive de données à caractère personnel (47 %) ou l’insuffisance de la protection des mineurs sur les plateformes (41 %).

Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive chargée de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie, a déclaré : « Grâce au programme d’action pour la décennie numérique, les fondements de la transformation numérique de l’Union européenne sont désormais en place. Nous devons poursuivre sur cette voie pour atteindre la souveraineté technologique de l’Europe. Nous avons récemment adopté des mesures destinées à renforcer les capacités de l’Europe dans les domaines des semi-conducteurs, de l’intelligence artificielle, de l’informatique en nuage et des logiciels libres. Il s’agit d’un moment décisif qu’il nous appartient de saisir pleinement afin de renforcer l’autonomie et la résilience de l’Europe. »

Prochaines étapes

Par le biais du rapport 2026 sur l’état d’avancement de la décennie numérique, la Commission invite les États membres à actualiser leurs feuilles de route nationales pour la décennie numérique en y intégrant des mesures concrètes, tout en assurant une meilleure cohérence avec le prochain cadre financier pluriannuel, notamment dans le contexte de la préparation des plans nationaux et régionaux de partenariat et du futur Fonds européen pour la compétitivité.

Les premières discussions avec les États membres auront lieu lors de la Journée du numérique et de la réunion du comité de la décennie numérique, organisées à Nicosie par la présidence chypriote du Conseil de l’Union européenne les 18 et 19 juin.

En 2027, la Commission réexaminera les objectifs du programme d’action pour la décennie numérique afin de veiller à ce qu’ils reflètent la législation adoptée, tiennent compte de l’évolution du paysage numérique et répondent aux priorités et ambitions de l’UE. Cette révision permettra de moderniser, de simplifier et de prolonger le cadre au-delà de 2030.

Pour plus d'informations

Rapport sur l'état d'avancement de la décennie numérique 2026

Rapport 2026 sur l'état d'avancement de la décennie numérique – fiche d'information générale

Pages d'information par pays

Étude sur l'incidence économique des investissements numériques au titre de la facilité pour la reprise et la résilience

Eurobaromètre spécial sur la décennie numérique 2026

Recommandations pour la décennie numérique 2026 spécifiques aux États membres

La décennie numérique de l'Europe

Date de publication
17 juin 2026
Auteur
Représentation en France