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Représentation en France

Déclaration de la présidente von der Leyen sur le 19e train de sanctions contre la Russie

Déclaration de la présidente von der Leyen sur le 19e train de sanctions contre la Russie.

  • Déclaration
  • 19 septembre 2025
  • Représentation en France
  • 5 min de lecture
Déclaration à la presse de la Présidente von der Leyen sur la cinquième série de sanctions à l'encontre de la Russie

Au cours de ce dernier mois, la Russie a malheureusement fait montre de tout son mépris à l'égard de la diplomatie et du droit international. Elle a lancé certaines des plus vastes attaques de drones et de missiles contre l'Ukraine depuis le début de la guerre, frappé tant des bâtiments gouvernementaux que des habitations civiles et touché notre bureau de Kiev, la représentation de notre Union. Les menaces qui pèsent sur notre Union sont également de plus en plus lourdes. Ces deux dernières semaines, des drones Shahed russes ont violé l'espace aérien de notre Union, tant en Pologne qu'en Roumanie. Ces actes sont indignes de quelqu'un qui veut la paix. Encore et toujours, le président Poutine pratique l'escalade. Et en réponse, l'Europe augmente sa pression. C'est la raison pour laquelle je vous présente aujourd'hui notre 19e train de sanctions.

Premièrement, parlons de l'énergie. L'économie de guerre de la Russie est soutenue par les recettes provenant des combustibles fossiles. Nous voulons réduire ces recettes. Nous interdisons donc les importations de GNL russe sur les marchés européens. Il est temps de fermer le robinet. Nous y sommes préparés. Nous avons économisé de l'énergie, diversifié nos approvisionnements et investi dans des sources d'énergie à faible intensité de carbone comme jamais auparavant. Aujourd'hui, ces efforts sont payants. Nous venons d'abaisser le plafond des prix du pétrole brut à 47,6 USD. Pour renforcer l'application des sanctions, nous les appliquons désormais à 118 navires supplémentaires de la flotte fantôme. Au total, plus de 560 navires sont maintenant inscrits sur la liste des navires visés par les sanctions de l'UE. Quant aux grandes sociétés du secteur de l'énergie que sont Rosneft et Gazpromneft, elles écopent désormais d'une interdiction totale des transactions. Et d'autres entreprises feront également l'objet d'un gel des avoirs. Nous visons désormais ceux qui financent la guerre menée par la Russie en achetant du pétrole en violation des sanctions. Nous ciblons les raffineries, les négociants en pétrole et les entreprises pétrochimiques de pays tiers, y compris la Chine. En trois ans, les recettes pétrolières réalisées par la Russie en Europe ont chuté de 90 %. Nous clôturons maintenant ce chapitre pour de bon.

Deuxièmement, nous ciblons les brèches du système financier que la Russie exploite pour se soustraire aux sanctions. Nous étendons l'interdiction des transactions à d'autres banques sises en Russie, ainsi qu'à des banques de pays tiers. Nous intensifions notre répression contre le contournement. À mesure que les tactiques de fraude gagnent en sophistication, nous adapterons nos sanctions pour garder une longueur d'avance. C'est ainsi que, pour la première fois, nos mesures restrictives frapperont les plateformes de crypto-actifs et interdiront les transactions en cryptomonnaies. Nous inscrivons sur la liste des banques étrangères connectées au système parallèle russe de services de paiement. Et nous limitons les transactions avec des entités situées dans les zones économiques spéciales.

J'en viens à mon troisième point. Nous ajoutons de nouvelles restrictions directes à l'exportation pour les biens et technologies utilisés sur le champ de bataille. Nous dressons également la liste de 45 entreprises en Russie et dans des pays tiers. Ces entreprises apportent un soutien direct ou indirect au complexe militaro-industriel russe. Dans une guerre fondée sur l'innovation, il est essentiel de couper l'accès de la Russie aux technologies clés. Surtout quand il s'agit des drones.

Notre analyse économique est limpide : nos sanctions affectent gravement l'économie russe. Le taux d'intérêt y est de 17 %. L'inflation reste élevée. L'accès de la Russie au financement et aux revenus ne cesse de se réduire. Et l'économie de guerre de la Russie, qui est en surchauffe, atteint ses limites. La capacité des pouvoirs publics à soutenir l'économie diminue. Fait encore plus remarquable : lorsque nous discutons directement avec des partenaires qui parlent avec la Russie, ceux-ci affirment que l'allègement des sanctions figure parmi les premières demandes russes. Nous savons que nos sanctions constituent un outil efficace de pression économique. Et nous continuerons à les employer jusqu'à ce que la Russie s'assoie avec l'Ukraine à la table des négociations pour parvenir à une paix juste et durable.

Parallèlement, comme je l'ai annoncé la semaine dernière, nous travaillons à une nouvelle solution pour financer les efforts de défense de l'Ukraine sur la base des avoirs russes immobilisés. Soyons très clairs sur ce point : cette guerre est l'œuvre de la Russie et c'est à l'agresseur de payer. Grâce aux soldes de trésorerie associés à ces actifs russes, nous pouvons accorder à l'Ukraine un prêt de réparation. On ne touchera pas aux actifs eux-mêmes. Et le risque devra être supporté collectivement. L'Ukraine ne remboursera le prêt qu'une fois que la Russie aura versé des réparations. Nous présenterons prochainement une proposition.

Enfin, nous alignons nos sanctions sur celles de nos partenaires du G7, sous la direction de la présidence canadienne. Et pour soutenir l'Ukraine dans sa lutte pour la liberté, nous travaillons également de concert avec la coalition des volontaires. L'Europe est aux côtés de l'Ukraine depuis le tout début. Face à l'escalade menée par la Russie, l'Europe a relevé le défi. Nous continuerons à utiliser tous les outils à notre disposition pour mettre un terme à cette guerre brutale. J'invite à présent les États membres à approuver rapidement ces nouvelles sanctions. Nous voulons que la Russie se retire du champ de bataille et vienne à la table des négociations. C'est ainsi que nous donnerons une vraie chance à la paix.

Merci.

Détails

Date de publication
19 septembre 2025
Auteur
Représentation en France