
Emma,
Merci beaucoup pour vos paroles, il n'est pas facile de prendre la parole après vous.
Anthony, Monsieur le Premier ministre,
Mes chers collègues dirigeants,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Merci de nous avoir réunis aujourd'hui et merci pour le rôle moteur que vous jouez sur cette question si importante. La décision audacieuse que vous avez prise est un exemple de ce que peuvent accomplir des puissances moyennes mais déterminées. Depuis que l'Australie a annoncé sa loi historique sur l'âge minimum, je suis la situation de près. Et votre exemple m'a inspirée. Tout d'abord, vous êtes les premiers à essayer cette solution. Et malgré les fortes critiques que vous avez reçues — parmi lesquelles « cela ne marchera pas », « c'est impossible », « le génie technologique ne peut être remis dans sa lampe une fois qu'il en est sorti » — vous persévérez. En Europe, nous observons vos pratiques et tirerons les leçons de la mise en œuvre de votre interdiction sur les médias sociaux, une mesure inspirante prise pour la première fois à l'échelle mondiale. Ce sujet est aussi au cœur des préoccupations en Europe. Car c'est aux parents, et non aux algorithmes, d'élever nos enfants. La future génération a besoin que l'on agisse, que l'on ose et que l'on tente le coup. En 15 ans seulement, le temps que les enfants âgés de 9 à 15 ans passent sur les écrans et les médias sociaux a été multiplié par plus de deux. Les applications remplissent la fonction pour laquelle elles ont été conçues : attirer les enfants et les rendre dépendants à des algorithmes manipulateurs dont l'objectif ultime, disons-le franchement, est de remplir les poches des milliardaires de la tech de la Silicon Valley. Nous sommes bien loin d'une œuvre de charité. Or, les parents doivent vivre avec les risques et les dommages que cette situation cause tous les jours : le cyberharcèlement, l'incitation à l'automutilation, les prédateurs en ligne et les algorithmes addictifs. C'est à nous de protéger notre future génération.
En Europe, nous avons déjà pris des mesures en ce sens. Nous travaillons à la mise en place d'une approche efficace en matière de vérification de l'âge. Ainsi, même en ligne – et surtout en ligne – les enfants pourront rester ce qu'ils sont : des enfants. Cet été, la Commission a présenté un prototype d'application de vérification de l'âge conçu pour être utilisé dans toute l'Union. Cinq de nos États membres – la France, l'Espagne, la Grèce, le Danemark et l'Italie – participent actuellement à la phase pilote. Nous serons heureux de vous faire part de ces résultats.
De nombreux États membres estiment qu'en ce qui concerne l'accès aux médias sociaux, le moment est venu de fixer un âge de la majorité numérique. Et je dois vous dire qu'en tant que mère de sept enfants et grand-mère de cinq petits-enfants, je suis de leur avis. En tant que parent, cela tombe sous le sens. Nous sommes tous d'accord pour dire que les jeunes devraient atteindre un certain âge avant de pouvoir fumer, boire ou regarder des contenus pour adultes. Il en va de même pour les médias sociaux. C'est pourquoi je vais mettre en place un groupe d'experts chargé de déterminer les mesures pertinentes à prendre au niveau européen. Tout au long de ce processus, nous écouterons également les véritables experts en la matière : les parents, les enseignants, les scientifiques et, par-dessus tout, les jeunes eux-mêmes.
Nous n'avons aucune raison de craindre l'avenir. La révolution technologique a déjà apporté des avantages considérables dans notre vie quotidienne – et elle continuera de le faire. Mais nous pouvons clarifier notre relation avec la technologie de sorte qu'elle soit à notre service, et non l'inverse.
Monsieur le Premier Ministre,
Je remercie le peuple australien pour le rôle moteur qu'il a joué sur cette question. Je constate que vos actions bénéficient d'un soutien bipartite en Australie et que la politique menée y est extrêmement populaire. Cela me donne l'espoir qu'elle sera également soutenue par un large pan de la société européenne. Car tout le monde comprend qu'il est de notre devoir de faire tout notre possible pour donner aux familles les moyens de vivre en toute sécurité, notamment en permettant aux parents de dire « non », ensemble, à l'accès aux médias sociaux pour leurs jeunes enfants.
Comme je l'ai déjà dit, en ce qui concerne les relations entre l'Australie et l'UE, la démocratie ne connaît pas de frontières. Il en va de même pour les bonnes idées. Je me réjouis de travailler avec vous sur cette question.
Merci beaucoup, et Emma, merci encore pour avoir partagé avec nous l'histoire de Tilly.
Détails
- Date de publication
- 24 septembre 2025
- Auteur
- Représentation en France