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Représentation en France
Article d’actualité24 mai 2022Représentation en France

L’Europe peut-elle se passer du gaz russe ?

En 2021, environ 45% des importations de gaz naturel de l'UE provenaient de Russie. Face à la situation actuelle, la Commission européenne propose un plan, baptisé REPowerEU, visant à affranchir l'Union de sa dépendance au gaz russe d'ici à 2027. 

En 2021, l’UE consommait 400 milliards de mètres cubes de gaz. Sur ces 400 milliards, 90% étaient importés, à des niveaux variables d'un État membre à l'autre. Environ 45% des importations du gaz naturel proviennent de Russie, c’est-à-dire 155 milliards de m3. L’invasion de l’Ukraine par la Russie menace la sécurité d’approvisionnement en gaz et fait grimper les prix de l’énergie à des niveaux sans précédent. De plus, l’UE ne peut plus continuer à être dépendante d’un fournisseur qui bafoue ouvertement nos valeurs et la paix en Europe. Les Européens le demandent : 85% d’entre eux estiment que l’UE devrait réduire dès que possible sa dépendance à l’égard du gaz et du pétrole russes pour soutenir l’Ukraine.   

La Commission européenne a présenté un plan, baptisé REPowerEU, pour en finir dès que possible avec la dépendance envers les combustibles fossiles russes. Ce plan est basé sur trois pilliers : diversifier l’approvisionnement en gaz, accélérer massivement le déploiement des énergies renouvelables et faire d’importantes économies d’énergie. L’interruption de l'approvisionnement en gaz à destination de certains Etats membres (Bulgarie, Pologne et Finlande) confirme également la nécessité de se passer du gaz russe. 

La mise en œuvre intégrale des propositions de la Commission « Ajustement à l'objectif 55 » réduirait notre consommation annuelle de combustibles fossiles de 30 %, soit 116 milliards de mètres cubes, d'ici à 2030. Grâce aux mesures prévues dans le plan REPowerEU, nous pourrions progressivement réduire d'au moins 155 milliards de mètres cubes notre utilisation de combustibles fossiles, soit le volume importé de Russie en 2021. 

Gas stove

Nous devons assurer notre indépendance vis-à-vis du pétrole, du charbon et du gaz russes. Nous devons agir maintenant pour atténuer les effets de la hausse des prix de l'énergie, diversifier notre approvisionnement en gaz pour l'hiver prochain et accélérer la transition vers une énergie propre - Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne (8 mars 2022) 

REPowerEU, un plan pour réduire la dépendance au gaz russe bien avant 2030 

Les propositions de la Commission permettront de réduire la dépendance de l’UE au gaz russe de deux tiers avant la fin de l’année, et de 100% à compter de 2027. 

Pour atteindre ces objectifs, le plan REPowerEU repose sur trois piliers :  

  1. Diversifier l’approvisionnement en gaz, grâce à une augmentation des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) et par gazoduc en provenance des fournisseurs non russes, ainsi qu’un accroissement des volumes de production et d’importations de biométhane et d’hydrogène. 

Les importations sans précédent de gaz naturel liquéfié en janvier 2022 ont assuré la sécurité de l’approvisionnement en gaz pour cet hiver. L'UE pourrait importer 50 milliards de m3 supplémentaires de GNL du Qatar, des États-Unis, d'Égypte et d'Afrique de l'Ouest sur une base annuelle. Avec la diversification des sources d’approvisionnement par gazoducs en provenance d’Azerbaïdjan, d’Algérie et de Norvège, nous pourrions réduire notre dépendance énergétique au gaz russe de 10 milliards de m3 supplémentaires. La nouvelle plateforme énergétique de l’UE permettra des achats communs de gaz, de GNL et d’hydrogène en mutualisant la demande et en coordonnant les actions de sensibilisation auprès des fournisseurs. Une politique européenne de stockage a aussi été mise en place pour atteindre des niveaux de stockage de 80% au 1er novembre 2022. 

REPowerEU prévoit aussi le développement à grande échelle du biométhane en tant que gaz du futur. La production de biométhane pourrait atteindre 35 milliards de m3 par an d’ici 2030. 

A cela s’ajoute l’initiative “Accélérateur hydrogène” qui permettrait de remplacer entre 25 et 50 milliards de m3 de gaz russe d’ici 2030. La Commission poursuit le développement du cadre réglementaire afin de poser les bases du marché européen de l'hydrogène et de soutenir le développement d'une infrastructure intégrée pour le gaz et l'hydrogène, des installations de stockage d’hydrogène et des infrastructures portuaires. En Méditerranée et en mer du Nord, de grands “corridors hydrogène” seront mis en place. 

  1. Réduire plus rapidement l’utilisation des combustibles fossiles en renforçant les économies d’énergie 

Les mesures du plan REPowerEU viennent renforcer les objectifs actuels du paquet “Ajustement à l’objectif 55”, dont la mise en œuvre complète permettrait de baisser notre consommation de gaz de 30% d’ici 2030.La Commission européenne a proposé de renforcer les propositions du paquet “Ajustement à l’objectif 55”, en relevant de 9% à 13% l’objectif contraignant de réduction de la consommation d’énergie. Les économies d'énergie que nous ferons aujourd'hui nous aideront à nous préparer aux défis potentiels de l'hiver prochain. L’énergie la moins chère et la plus sûre, c’est l'énergie que l’on ne consomme pas. Des économies d’énergie doivent être faite dans tous les secteurs : énergie, bâtiments, transports. 

Des gestes individuels participent aussi à la baisse de la consommation. Par exemple, baisser la température de son thermostat d’un degré permet d’économiser 10 milliards de mètres cubes d’importations gazières russes. 

  1. Développer massivement les énergies renouvelables 

Le Plan RePowerEU prévoit un déploiement massif des renouvelables. La Commission européenne propose d’augmenter de 40% à 45% l’objectif pour 2030 en matière d’énergies renouvelables. Cela porterait les capacités totales de production issue d'énergies renouvelable à 1236 GW d'ici 2030, contre 511 aujourd'hui. 

La Commission a présenté également des nouvelles propositions pour libérer le potentiel de l'énergie solaire en tant que source d'énergie renouvelable majeure dans l'UE. En accélérant le déploiement des systèmes photovoltaïques installés sur les toits de 15 TWh cette année, l'UE pourrait économiser 2,5 milliards de m3 de gaz supplémentaires. De plus, la stratégie spécifique de l’UE en matière d’énergie solaire vise à doubler la capacité solaire photovoltaïque d'ici à 2025 et à installer 600 GW de capacités de production d'ici à 2030. 

Concrètement, cela se traduit par une obligation légale pour certaines catégories de bâtiments d’être munis de panneaux solaires. Tous les nouveaux bâtiments publics et commerciaux de plus de 250 mètres carrés doivent être dotés de panneaux solaires en 2026 et tous les nouveaux bâtiments résidentiels d’ici 2029.  

La consultation publique lancée par la Commission au sujet de l’énergie solaire a confirmé qu’un des plus grands freins pour le déploiement des systèmes photovoltaïques installées sur les toits est la procédure administrative d’octroi de permis particulièrement longue et complexe. La Commission fera des propositions législatives supplémentaires pour assurer la réduction des délais d’octroi des autorisation à 3 mois maximum en ce qui concerne les installations des panneaux solaires en toiture. 

Des investissements intelligents 

Pour financer ces réformes ambitieuses et soutenir la mise en œuvre du Plan REPowerEU, l’UE mobilisera près de 300 milliards d’euros. 225 milliards d'euros sont déjà disponibles sous la forme de prêts au titre de la Facilité pour la reprise et la résilience dans le cadre du plan de relance européen et environ 72 milliards d’euros prendront la forme de subventions.  

La Commission a également adopté une législation afin de permettre aux Etats membres de modifier et de compléter leurs plans nationaux de reprise et de résilience dans le cadre de REPowerEU. De plus, la Commission propose d'augmenter l'enveloppe financière de la Facilité européenne pour la reprise et la résilience de 20 milliards d'euros, sous la forme de subventions tirées de la vente de quotas du système d'échange de quotas d'émission de l'UE. 

Avec le plan de relance, l’UE investit déjà massivement pour l’indépendance énergétique. Sur les 24 plans approuvés, le plan de relance européen investit 228, 8 milliards dont un tiers pour la réduction de la demande et le reste pour la promotion des renouvelables et le développement de l’hydrogène vert.  

Le plan REPowerEU prévoit aussi un accompagnement industriel de la nouvelle ambition en matière de déploiement massif des renouvelables, avec notamment le lancement d’une Alliance européenne pour l’industrie solaire et des coopérations avec l’industrie pour accroitre les capacités de fabrication des électrolyseurs en Europe. 

Des actions de diversification des sources d’approvisionnement en gaz déjà en cours 

Dans les derniers mois de 2021, les livraisons de gaz en provenance de la Russie étaient déjà de 25% inférieures à celles de la fin de 2020. Cela a poussé l’UE à prendre des actions fortes pour limiter la dépendance au gaz russe (voir la fiche L’Union européenne ne fait rien pour réduire sa dépendance au gaz russe ! Vraiment ? (europa.eu) et diversifier ses sources d’approvisionnement énergétique. L’UE a notamment investi massivement dans le développement des infrastructures pouvant accueillir du GNL. Ainsi, avec l’aide de l’UE, d'ici fin 2022, tous les États membres devraient avoir accès à au moins trois sources de gaz, y compris l'accès direct ou indirect au marché mondial du GNL.   

Des mesures d’urgence concernant les prix de l’énergie et le stockage du gaz 

Face à la flambée des prix de l’énergie, l’Union européenne a déjà présenté une série de mesures en octobre 2021 pour atténuer l’effet des prix élevés sur les consommateurs les plus vulnérables (Voir la fiche L’Europe est responsable de la hausse des prix de l’énergie ! Vraiment ?). 25 Etats membres ont déjà adopté ces mesures, allégeant déjà la facture énergétique de plus de 70 millions de ménages. Dans le contexte actuel, des orientations supplémentaires ont été présentées pour permettre la régulation temporaire des prix et la redistribution aux consommateurs d’une partie des recettes du secteur de l’énergie. Les Etats membres ont la possibilité d’apporter un soutien à court terme aux entreprises les plus touchées par les prix élevés de l’énergie.  

La Commission a déjà entamé une enquête sur une manipulation éventuelle du marché du gaz par les fournisseurs qui expliquerait la hausse des prix du gaz. Vu les livraisons historiquement basses de Gazprom, principal fournisseur du gaz en Europe, la Commission européenne s’est saisie d’une éventuelle distorsion de concurrence et continue son enquête pour déterminer si Gazprom a profité de sa position dominante pour influencer les prix de l'énergie en rationnant ses livraisons vers l’Europe.  

L’UE est entrée dans l’hiver 2021-2022 avec des réserves de gaz anormalement basses. Les réserves de gaz actuelles sont suffisantes jusqu’à la fin de cet hiver, même en cas de rupture totale des approvisionnements en provenance de la Russie. Cependant, afin d’être bien préparé pour l’hiver prochain, le remplissage des stocks de gaz dans l’UE doit commencer dès maintenant. Dans ce contexte, le 23 mars 2022, la Commission a présenté une proposition législative pour rendre obligatoire dans l’UE le remplissage des réservoirs souterrains de gaz à un niveau minimum de 80% de leur capacité pour l’hiver prochain. Ce seuil sera fixé à 90% les années suivantes afin de garantir la sécurité de l’approvisionnement énergétique. 

Pour en savoir plus :  

Déclaration à la presse de la Présidente von der Leyen sur les propositions de la Commission concernant le Plan REPowerEU

Communication sur REPowerEU: action européenne conjointe en faveur d'une énergie plus abordable, plus sûre et plus durable

Questions et réponses

Fiche d'information — REPowerEU

Site web du pacte vert pour l'Europe

Site web consacré au soutien de l'UE à l'Ukraine

Détails

Date de publication
24 mai 2022
Auteur
Représentation en France