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Représentation en France
Article d’actualité22 juillet 2022Représentation en France

Les sanctions contre la Russie ne fonctionnent pas, elles sont contreproductives ! Vraiment ?

Face à la poursuite de l’invasion injustifiée de l’Ukraine par la Russie et dans un contexte de hausse des prix de l’énergie et d’insécurité alimentaire provoquées par cette guerre, beaucoup se demandent si les sanctions européennes contre la Russie sont efficaces. La réponse est oui ! Les sanctions adoptées par l’Union européenne et ses partenaires frappent déjà durement la Russie. Et leurs effets sur l’économie russe continueront à se faire sentir ! 

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, l’Union européenne a adopté six séries de sanctions historiques, afin de mener à la désescalade et obtenir le retrait des forces russes. Ces mesures restrictives visent déjà près de 1200 personnes et près de 100 entités en Russie, ainsi que de nombreux secteurs clés de l’économie russe. 

Berlaymont building illuminated in blue and yellow in support of Ukraine

« Les sanctions requièrent une patience stratégique, car il faut parfois beaucoup de temps pour qu'elles aient l'effet désiré » - Josep Borrell, Haut Représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité (16 juillet 2022) 

Un embargo pétrolier progressif et une réduction drastique des importations de gaz russe qui libèrent l’UE de sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie  

L'une des principales sanctions consiste à cesser d'acheter 90 % des approvisionnements en pétrole de l'UE à la Russie d'ici à la fin de 2022, privant ainsi Moscou de revenus importants. Certes, la Russie, deuxième producteur mondial de pétrole, est en mesure de vendre son pétrole sur d'autres marchés, notamment à des clients asiatiques, ce qui lui permet de continuer à financer cette guerre. Mais cet avantage est limité par le fait que la Russie est obligée d'accorder des rabais importants sur chaque baril (le pétrole russe est vendu environ 30 dollars de moins que la moyenne mondiale). A terme, l'industrie pétrolière russe souffrira non seulement du départ des opérateurs étrangers, mais aussi de sa difficulté croissante à accéder à des technologies sophistiquées telles que le forage horizontal.   

En outre, cet embargo pétrolier progressif et les efforts pour s’affranchir des importations de gaz russe libèrent l'Europe de sa dépendance énergétique structurelle vis-à-vis de la Russie. Ainsi, la Commission européenne a proposé le 20 juillet de baisser de 15% la consommation de gaz en Europe d’ici au printemps 2023. Nous libérer de cette dépendance nous permet de poursuivre des actions fortes face aux agressions de Moscou.  

Les sanctions européennes nuisent-elles vraiment à l'économie russe ?  

Certains observateurs affirment que les sanctions européennes ne sont pas très efficaces car le taux de change du rouble est très élevé. Mais cette interprétation est douteuse. Le taux de change du rouble reflète simplement le fait que la Russie présente un déséquilibre massif entre le volume élevé des exportations de pétrole et de gaz et l'effondrement parallèle des importations qui a suivi les sanctions. Cet excédent commercial n'est pas un signe de bonne santé économique, surtout pour une économie comme celle de la Russie.  

Bien qu'elle exporte des matières premières non transformées, la Russie doit importer de nombreux produits qu'elle ne fabrique pas. Pour les importations de produits de haute technologie, la Russie dépend de l'Europe à plus de 45%, des États-Unis pour 21% et de la Chine pour seulement 11%. La Russie peut bien sûr tenter de limiter les effets des sanctions en substituant des produits nationaux à ces produits importés. Cela a été fait dans le secteur agricole suite aux sanctions de 2014. En revanche, pour les produits de haute technologie, c'est beaucoup plus difficile à réaliser.  

Les sanctions sur les importations de semi-conducteurs, par exemple, ont un impact direct sur les entreprises russes qui produisent de l’électroménager, des ordinateurs, des avions, des voitures ou des équipements militaires. Dans ce domaine, qui est évidemment crucial dans la guerre en Ukraine, les sanctions limitent la capacité de la Russie à produire des missiles de précision.   

Le secteur automobile est un autre secteur qui ressent fortement les effets des sanctions. Presque tous les constructeurs étrangers ont décidé de se retirer de Russie et, en mai dernier, la production a diminué de 97 % par rapport à 2021. En outre, les quelques voitures que les constructeurs russes produisent encore ne seront pas équipées d'airbags ou de boîtes de vitesses automatiques. 

Enfin, il y a l'industrie aérienne, qui joue un rôle important dans un pays aussi vaste. Environ 700 des 1 100 avions civils russes sont d'origine étrangère. La Russie devra sacrifier une grande partie de sa flotte, pour trouver des pièces de rechange, afin que les avions restants puissent voler. Même les avions produits en Russie sont dépendants des technologies et du matériel des pays occidentaux. 

Et la liste pourrait continuer : perte d'accès aux marchés financiers, exclusion de la Russie des grands réseaux internationaux de recherche (comme le CERN par exemple), la fuite massive des cerveaux et des élites russes... L'isolement scientifique, économique et technologique de la Russie constitue une perte majeure pour le pays à moyen terme. 

En ce qui concerne le commerce international, l'alternative offerte par la Chine à l’économie russe reste limitée : alors que ses importations en provenance de Russie ont augmenté (principalement par le biais d'importations énergétiques plus importantes), les exportations chinoises vers la Russie ont diminué dans des proportions comparables à celles des pays occidentaux.  

Ainsi, à moyen terme, les sanctions ont un impact important sur les ressources dont la Russie dispose pour mener la guerre. 

« L'Europe doit faire preuve de patience stratégique. La guerre sera longue et l'épreuve de force durera. Permettre à la Russie de l'emporter reviendrait à lui permettre de détruire nos démocraties et les fondements mêmes de l'ordre international fondé sur des règles. » - Josep Borrell, Haut Représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité (16 juillet 2022) 

Face à l'invasion de l'Ukraine, l'Union européenne a pris des actions concrètes, montrant que, lorsqu'elle est provoquée, l'Europe répond. Les sanctions économiques et le soutien à l'Ukraine sont au cœur de cette réponse. L’effet de ces sanctions est déjà visible et il le sera encore plus dans les mois à venir. 

Pour en savoir plus : 

Des économies de gaz pour un hiver sûr : la Commission propose un plan de réduction de la demande de gaz pour préparer l'UE à des réductions de l'approvisionnement 

Les sanctions contre la Russie fonctionnent | Publication de Josep Borrell (en anglais)

Détails

Date de publication
22 juillet 2022
Auteur
Représentation en France